Communiqué de presse
Mayotte, Etat d’urgence
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L’Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes a été  une nouvelle fois alertée par nos consœurs mahoraises qui vivent et travaillent actuellement dans des conditions dramatiques.

Depuis fin février, des émeutes et barrages récurrents empêchent les sages-femmes et autres personnels hospitaliers de circuler librement sur l’île. Beaucoup de sages-femmes sont contraintes de rester sur place après et entre leurs gardes, par crainte de ne pas franchir les barrages disséminés sur les routes. Les gardes se prolongent jusqu’à l’arrivée de la relève, qui doit souvent abandonner son véhicule en amont des regroupements.

La proposition faite par les sages-femmes, d’être affectés temporairement au plus près de leur domicile, n’a pas été entendue par la direction. Depuis lundi, une ambulance est envoyée à leur domicile, pour des trajets qui durent 6 fois plus longtemps qu’en temps normal, immobilisant un véhicule pourtant indispensable au transfert des patientes vers ou depuis Mamoudzou.

Depuis plusieurs années, nous alertons le ministère et l’ARS Océan indien des difficultés liées à l’organisation des soins à Mayotte.

L’appel à la réserve sanitaire est une réponse qui ne peut pas être pérenne. Le centre hospitalier de Mamoudzou, mais aussi l’hôpital de Petite-Terre (Dzaoudzi), et les dispensaires répartis sur l’ile ont besoin d’aide de façon urgente.

La situation au Centre Hospitalier de Mayotte ne fait qu’empirer depuis des années. L’activité est croissante dans un établissement sous-dimensionné. Un turn-over important des équipes, lié aux conditions de travail et de vie dans un département français abandonné par les gouvernements successifs fragilise encore la maternité la plus grande de France.

La sécurité de nos confrères et consœurs doit à tout prix être assurée, afin d’éviter que les conditions sanitaires ne se détériorent encore, dans un département dans lequel les résultats de l’enquête nationale de périnatalité 2016 montrent une dégradation alarmante des soins obstétricaux.

Un renforcement des mesures de sécurité entourant les trajets des sages-femmes doit être mis en place rapidement.

Il est inacceptable que des professionnels de santé ne puissent circuler en toute sécurité, en se rendant sur leur lieu de travail. Il en va de la responsabilité de tous.