Communiqué de presse
La réponse de l’ONSSF au SYNGOF
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COMMUNIQUE DE PRESSE_22 juin 2016

Dans un communiqué du 13 juin, le SYNGOF s’offusque de la possibilité, pour les sages-femmes, de prescrire un arrêt de travail de 4 jours suite à une IVG médicamenteuse…. L’Organisation Nationale Syndicale des Sages-Femmes (ONSSF) regrette que ce soit  le seul élément que ce syndicat souligne dans la presse alors que la nouvelle compétence accordée aux sages-femmes est une opportunité pour les femmes en demande d’IVG… Une fois de plus, les priorités ne sont pas les mêmes… En effet, le Décret n° 2016-743 du 2 juin 2016, inscrit dans le cadre de la loi de modernisation de notre système de santé, prévoit que les sages-femmes puissent pratiquer les interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse. Les sages-femmes, profession médicale à part entière, connaissent parfaitement leurs compétences (obstétricales, pédiatriques et gynécologiques) et leurs limites. Si la physiologie est leur spécialité, elles savent également dépister la pathologie et les situations à risques, et avoir recours, lorsque c’est nécessaire, au médecin. Elles peuvent d’ailleurs prendre en charge en partie la pathologie en collaboration avec ceux-ci. De plus, les sages-femmes depuis 1985, peuvent prescrire un arrêt de travail de 15 jours dans le cadre de la grossesse. Le SYNGOF, par sa publication ne discrimine pas seulement la profession de sage-femme mais, plus grave, lance une attaque directe envers les femmes, sous prétexte qu’elles subissent une interruption volontaire de grossesse, il remet en question le droit des femmes à bénéficier d’un arrêt de travail. C’est ignorer même le processus d’une interruption médicamenteuse qui peut prendre plusieurs jours. C’est ignorer la souffrance de la femme sous prétexte d’une pseudo égalité. Le praticien, médecin ou sage-femme, prescrira en respectant ses propres compétences, en accord avec la patiente. De telles décisions doivent se prendre lors d’une consultation, avec un échange, ce qui nécessite d’être à l’écoute. A ceux qui douteraient de la compétence des sages-femmes, devons-nous rappeler :

  • que l’OMS, l’HAS, The Lancet reconnaissent mondialement les compétences de la profession dans la santé des femmes ;
  • que les études réalisées qui prouvent que faire appel à une sage-femme diminue très nettement les taux de morbidité et mortalité néonatale, complications obstétricales, menace d’accouchements prématurés, extractions instrumentales…etc. ?

Où est le corporatisme ? Chez ceux qui proposent aux femmes de se faire avorter un jour férié plutôt que de voir la compétence des sages-femmes élargie ? Ou chez les sages-femmes qui se soucient de tout ce qui contribue au respect et au droit des femmes, qui se félicitent, que l’accès à l’IVG soit facile pour les femmes sur tout le territoire et dans les meilleures conditions possibles.

La santé des femmes reste et restera toujours la priorité des sages-femmes.

A toutes les sages-femmes et à toutes les femmes :

Ne pas attacher d’importance aux attaques qui révèlent des peurs et continuer d’avancer.

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