Le PRADO maternité

Le Programme d’Accompagnement du retour à Domicile, PRADO maternité

Tout d’abord, la CNAMTS est partie de deux constats :

  1. D’après une étude de la DREES, les femmes considèrent le suivi de la grossesse de bonne qualité. En revanche, elles se sentent moins bien suivies/aidées après l’accouchement.
  2. La durée moyenne de séjour pour l’accouchement a tendance à diminuer sans pour autant que les femmes se voient proposer une prise en charge systématique.

La sécurité sociale s’est basée sur la demande des patientes qui souhaitaient se retrouver avec leur conjoint à la maison le plus tôt possible, l’accouchement et la période postnatale n’étant pas une maladie pour la plupart d’entre elles. Mais elles ont besoin d’accompagnement, de conseils et de sécurité.

La proposition de la CNAMTS, est donc d’accompagner le retour à domicile par les SF libérales, avec comme objectifs:

  • Améliorer la qualité de la prise en charge de la femme post-accouchement
  • Diminuer le recours à l’hospitalisation à domicile (en effet l’HAD coûte très cher et n’est pas adaptée puisqu’elle a vocation à prendre en charge la pathologie et non la physiologie)

Le programme d’accompagnement du retour à domicile est destiné aux femmes qui le souhaitent, dès que l’hospitalisation en maternité n’est plus nécessaire. Il s’appuie sur la prise en charge à domicile de la mère et de son enfant par la sage-femme libérale.

Ce dispositif est proposé aux femmes de plus de 18 ans, sans comorbidité ni complication, ayant accouché par voie basse ou par césarienne d’un enfant unique à terme dont le poids est en rapport avec l’âge gestationnel, ne nécessitant pas un maintien en milieu hospitalier et ne présentant pas de problème d’alimentation. La sortie se fait après l’aval de l’équipe médicale de la maternité. La mise en relation de la mère avec la sage-femme de son choix est assurée par le Conseiller de l’Assurance Maladie pendant l’hospitalisation.

Les modalités ont été définies par l’HAS (mises à jour en mars 2014) Recommandations HAS sur la sortie de maternité.

« DÉROULEMENT DU SUIVI APRES UNE DUREE DE SEJOUR STANDARD

Deux visites sont recommandées, réalisées préférentiellement à domicile ou dans un lieu de soin approprié :

  • 1ère visite : elle doit être systématiquement réalisée dans la semaine après la sortie et si possible dans les 48 heures suivant cette sortie ;
  • 2ème visite : elle est recommandée et planifiée selon l’appréciation du professionnel référent en charge du suivi de la mère et de l’enfant.

Des visites supplémentaires peuvent être réalisées, en fonction des éléments médicaux à surveiller et/ou des besoins ressentis par la mère ou le couple. »

Ce sont les cotations « Forfait de sortie de maternité » qui s’appliquent tout naturellement. Si tout va bien le suivi systématique s’arrête. Mais bien sûr cela n’empêche pas de revoir la patiente en consultation, ultérieurement, si besoin et à sa demande.


La position de l’ONSSF

Bien sûr, ce PRADO maternité n’est pas parfait mais la situation antérieure non plus : les prises en charge en sortie de maternité étaient livrées au bon vouloir des hôpitaux. Les patientes se retrouvaient en difficulté après leur accouchement sans savoir qu’elles pouvaient s’adresser à une sage-femme libérale. Visiblement, l’information n’etait pas toujours correctement faite en maternité.

Pour autant, l’ONSSF restera très vigilante à la mise en place du dispositif :
Le principe du volontariat et le libre choix du praticien par la patiente doivent être respectés, et la prise de contact avec la sage-femme libérale devra pouvoir se faire précocement au cours de la grossesse afin de préparer ce retour à la maison dans les meilleures conditions.
D’autre part, la démographie des sages-femmes doit être favorisée dans les zones où elles sont peu présentes voire absentes !

Depuis sa mise en place, la satisfaction des femmes est démontrée. Et nous ne pouvons nier qu’il a permis à des sages-femmes libérales de développer leur cabinet. Ce dispositif peut permettre aux sages-femmes de faire mieux connaître la profession et ses compétences auprès des femmes, tout en améliorant la prise en charge des femmes, des couples et des enfants après la sortie de maternité. Il n’est qu’à voir l’opposition des autres professionnels de santé, en particulier médecins, pour comprendre l’intérêt pour la profession. Certains syndicats de médecins nous dénient la compétence de ces actes…et s’offusquent de ne pas avoir été consultés. Ils oublient juste que sage-femme est une profession médicale autonome et que les sorties de maternité étaient déjà gérées par les sages-femmes depuis plusieurs années sans risque pour leurs patients!

Nous avons donc besoin de toutes les sages-femmes (hospitalières et libérales) pour qu’un tel projet soit efficace dans l’intérêt des patients et de la profession.

Mais les règles doivent être respectées par les maternités et par les CPAM. Nous comptons sur vous pour nous signaler tout dysfonctionnement ainsi qu’à vos représentants aux Commissions Paritaires Régionales.

ACTUELLEMENT, LE PRADO Maternité NE CONCERNE PAS LE RETOUR à DOMICILE PRÉCOCE APRES ACCOUCHEMENT.
Il n’est pas  inscrit dans le programme que les patientes concernées doivent sortir à 48h !Il concerne les sorties « standart » telles que définies par l’HAS.

La durée de séjour standard a été définie comme une durée d’hospitalisation :

  • de 72 heures à 96 heures après un accouchement par voie basse
  • de 96 heures à 120 heures après un accouchement par césarienne.

Une expérimentation sur les SORTIES PRÉCOCES va être mise en place fin du 1er semestre 2015, dans certains établissements volontaires. Les tarifications pour la sage-femme libérale seront différentes puisque les contraintes sont plus importantes.

PRADO

ET LE VOLET ANTÉNATAL DANS TOUT ÇA … ?

Se retranchant derrière le respect du libre-choix de la patiente, l’UNCAM ne veut obliger une femme à être suivie par une sage-femme mais une information individuelle sera faite afin qu’elle puisse contacter et rencontrer une sage-femme dès le début de sa grossesse.
La CNAMTS souhaitait que la prise de contact se fasse lors de la 1ère séance de préparation à la naissance, en partant du constat que seules 38% des femmes primipares ayant eu un accouchement physiologique par voie basse bénéficiaient, en 2009, de cette 1ère séance de préparation à la naissance et à la parentalité.L’expérimentation n’a pas été probante.

L’ONSSF demande que toute l’offre de soins « sage-femme » soit mise en avant, en particulier la possibilité du suivi médical en consultation, la sage-femme doit être intégrée au parcours de soins coordonné en tant que praticien en soins primaires pour la santé des femmes. Cette obligation d’information a été intégrée, de façon plus nette, à l’expérimentation sur le PRADO Sorties précoces.

Expérimentation pour les sorties précoces de maternité

Pour en savoir plus cliquez ICI.